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AL TRUISME CUISINE (Qui mourra verrat!)

«AL» TRUISME CUISINE (Qui mourra, «verrat»!)

«-Alors, alors Inspecteur Mac Coy, comment ça va? Allons, allons du calme. Mais dites-moi, vous êtes pas mal comme ça. Elle vous va très bien cette couleur rose. Ah vous n’aimez pas? Comme c’est dommage ! Si vous pouviez-vous voir, vous êtes HUUUUMMM; à manger. C’est le cas de le dire. Ah, ah, ah. Je sens que beaucoup de gens vont vous apprécier, vous êtes merveilleux, à point, comme il se doit. Jamais, je n’ai eu une telle merveille. Vous êtes exceptionnel, dans le genre, Inspecteur Mac Coy. On ne pouvait espérer mieux. Vous me serez plus utile ainsi. Vous allez faire mon bonheur -comme beaucoup d’autres qui sont passés par là, d’ailleurs! – Allez, allez, viens par ici mon kiki. N’aies-pas peur. Tiens, un peu de bouillie céréalière. Tu vas voir, tu vas te régaler. Nouvelle vie, nouveau régime, mon vieux! Hé, hé, doucement là. N’essaies pas de me mordre, ou sinon tu vas goûter aux coups de bâton. Je te préviens, fais gaffe… J’vais t’égorger de suite, tu vas voir ça… Fallait pas fourrer ton groin dans mes affaires! T’as entendu ça, Mac Coy, j’ai dit ton «groin». Quel lapsus révélateur. J’aurais dû dire ton nez, ou plutôt ton nez d’avant. Ah, ah, ah. Elle est bien bonne celle-la. T’as eu c’que tu méritais, Mac Coy. T’as voulu remuer la merde, maintenant, tu y es jusqu’au cou! Ah, ah, ah. Tu savais pas à qui t’avais à faire, mon pote. Fallait pas me sous-estimer. T’as voulu jouer à l’inspecteur qui sait tout et inspecte tout. Regardes-toi maintenant. La seule chose que tu peux inspecter à présent, c’est ton parc et ton écuelle. Tu me fais marrer! L’Inspecteur Mac Coy marche à quatre pattes maintenant. Si ta femme et tes enfants pouvaient te voir! De toute façon, ils ne te reconnaîtraient pas. Ah, ah, ah. Tiens vas-y, prends ça, un bon coup de bâton dans les côtes.

-Couiiiiiiiii!

-Ben quoi, qu’est-ce tu racontes, Mac Coy? T’en veux un autre? Plus fort peut-être le coup de bâton! Vas-y, c’est ça, va dans le coin du parc et couches-toi sur ta litière. C’est ça, c’est bien. T’apprends vite Mac Coy.

-Groin, groin, groin.

-C’est ça, eh oui mon vieux, c’en est fini de ta vie d’Inspecteur quadra, que tu menais tambour battant, avec femme et enfants. A présent, il va falloir t’habituer à un nouveau mode de vie. Une vie de cochon. C’est pas la pire des vies, d’ailleurs. Bien au contraire. Tu seras logé, nourri, blanchi, aux petits soins, quoi! Alors, tu vois, c’est pas plus mal! Regardes autour de toi, t’es pas tout seul, dans le parc. Tiens regardes, tes petits camarades, ils vont t’aider à t’adapter à ta nouvelle vie. Tiens là par exemple c’est John: un ex-jeune informaticien, ici là, c’est Eddy: un ancien SDF. Celui-là, j’ai du le mettre au régime hyperprotéiné, afin qu’il engraisse bien. Et là, c’est Chris: ancien jeune délinquant, fugueur multirécidiviste. Puis enfin, Vickie: ancienne mère fille, une invétérée du suicide. Elle est pleine depuis 3 semaines. De qui? Je sais pas. Et puis, il y a tous les autres: Mark, William, Shauna, Vincent, Pat. Voilà, pour les présentations. Sois-gentil avec eux, Mac Coy.

-Groin, groin, groin.

-Mais oui, t’es une bonne bête. Tu t’y feras. T’es une bonne bête, Mac Coy. Je vais tout de même continuer à t’appeler Mac Coy. J’adore ce nom. C’est drôle et original, en même temps, pour un cochon. Ah, ah, ah, un cochon nommé Mac Coy.»

Quelques mois auparavant.

«-Hé, Roy et Cleveland, dépêchez-vous de me ranger ces quartiers de cochon au frigo. Allons, Dépêchons!!

-Oui, patron. Y en a combien comme ça?

-T’occupes. Roy j’te paye pas pour parler, mais pour travailler. Ici, c’est pas une cour de récré, c’est chez «Al’s», mon resto. Alors t’as intérêt d’bosser, mon p’tit gars. Sinon tu dégages, tu piges? C’est clair?

-C’est éblouissant, patron.

-Epargnes-moi tes sarcasmes tu veux ?

-Ok, ok, c’est bon, j’y vais!»

Ce soir, ouverture du Restaurant «Al’s» à 19 heures pétantes. Les place sont prises d’assaut. Elles ont été réservées pour la plupart, des semaines, voire des mois, auparavant. Il est vrai, c’est un restaurant réputé, étoilé, très apprécié pour sa cuisine à base de viande de porc, si goûteuse, raffinée, et si bien préparée. Hummm, un vrai régal!

«-Bonsoir, nous avions réservé la table 13. Nous sommes Monsieur et madame…

- Oh, inutile de vous présenter; vous faites partis de notre fameuse clientèle d’habitués, à présent. Nous sommes toujours très heureux de vous accueillir ici, chez Al’s. Si Monsieur et Madame, veulent se donner la peine de me suivre. Voilà votre table. Madame Stern, vous êtes toujours aussi, ravissante. Laissez-moi vous offrir une petite mise en bouche surprise, de mon choix. Puis-je me permettre de prendre cette liberté?

-Bien sûr, Monsieur Al, comme d’habitude, je fais confiance au Bec Fin de mon Chef préféré!

-Que de compliments, Monsieur Stern. Merci.

-J’ai hâte de goûter cette petite surprise.»

2 heures plus tard, à la fin du repas.

«-Al, mon cher, comme d’habitude, c’était divin. Perfect, no comment!

-Merci, merci, Monsieur et Madame Stern. Je regrette seulement de n’avoir pu passer plus de temps avec vous. Il y a tellement de clients, ce soir. Le restaurant affiche complet.

-C’est tout à fait normal. C’est si délicieux, ici.»

1 heure 30 du matin.

Le resto ferme ses portes.

«-Allez bonne nuit, tout le monde. A mardi.»

Al se dirige maintenant, vers le parking, sa voiture un super roadster BMW, gris métallisé. Au moment, où il s’apprête à ouvrir la portière, deux phares puissants, l’aveuglent.

«-Ah, ça je sais qui sais. Inspecteur Mac Coy. Toujours et encore à me filer au train»

L’inspecteur Mac Coy, s’approche de la voiture de Al.

«-Je parie que vous n’avez toujours rien trouver me concernant, Mac Coy. Tout simplement, parce qu’il n’y a rien à trouver me concernant, voilà tout. Pas vrai? Pauvre Inspecteur, vous devriez être avec votre femme et vos enfants à cette heure-ci.

-Al, c’est l’Inspecteur Mac Coy qui t’cause. Je ne te lâcherais pas, tu m’entends? Au moindre faux pas, mon vieux Al et c’en est fini de toi. Je n’ai encore rien trouver à ton encontre, mais ça ne saurait tarder. Je le sens. Je t’ai à l’œil. J’ai l’intime conviction que les jeunes disparus signalés et autres, ont croisé ta route. Cela fait des mois que je te file, mais t’es rusé comme un renard. Mais comme dit le dicton: on est malin, jusqu’à ce que l’on trouve plus malin que soi!. J’ai découvert que tu avais une petite exploitation, non loin d’ici. A quelques trente miles d’ici. Une petite ferme en sorte, avec culture de mais, de patates, élevage de volailles et de porcs… Il se peut que je m’y rende de nouveau, pour des investigations plus approfondies.

-De nouveau, vous avez dit, Inspecteur Mac Coy?

-Oui, en effet, je m’y suis rendu quelques petites fois en solo. En votre absence, il est vrai. Mais rien d’anormal, apparemment. Et c’est ce qui me chiffonne, à vrai dire. J’aimerais y retourner, à votre petite exploitation, mais cette fois-ci, en votre présence. Il y a une petite grange, qui semble abandonnée, dont je n’ai pu avoir accès.

-Ah oui, la petite grange Inspecteur Mac Coy. Pas de problèmes. Dès à présent, vous en aurez l’accès. Vous avez ma parole. D’ailleurs, j’allais m’y rendre, à mon exploitation. Aujourd’hui, c’est lundi et le restaurant est fermé. J’adore me reposer à la campagne. Je vous propose de m’y rejoindre plus tard, aux alentours de 16 heures. Ca vous va; Inspecteur Mac Coy?

-Non, Al. Maintenant, allons-y maintenant! Et je n’te demande pas ton avis. J’te suis en voiture. Pas de tricherie, mon vieux, j’t’ai à l’œil.

Quelques heures plus tard. Arrivés à l’exploitation…

Pas un chat. Pas même, l’aboiement proche ou lointain d’un chien.

«-Et bien Al, c’est bien calme chez toi. Où est ton staff de nuit?

-Inspecteur Mac Coy, voyons. J’ai 2 gardiens armés, qui patrouillent discrètement. Cela est amplement suffisant. Hé, doucement là. Pas la peine de pointer votre revolver sur mon dos. Allons chercher les clés de la grange.»

Al ouvre la porte de la grange. Il entre, suivi de près par l’Inspecteur Mac Coy. Il allume une grosse torche. La grange est tapissée de haut en bas de toiles d’araignée. Signe, qu’elle reçoit très peu de visiteurs! Une odeur âcre et nauséabonde emplit l’espace plus ou moins confiné. Tout à coup on entend

«-AAAAAAAAAh!» Puis un bruit sourd, comme un sac de béton qui tombe de mi-hauteur et s’écrase sur le sol. Sauf que là, le sac de béton n’étai autre que l’Inspecteur Mac Coy. Il est tombé dans un trou, apparemment assez profond.

«-Aaaah, je crois que je me suis cassé la jambe. Al, petit enfoiré, tu m’le paieras. Tu vas voir. Tu paies rien pour attendre. Sale fils de pute!

-Et toi, Mac Coy, future petit cochon. Tu sais où t’as atterri Inspecteur? Non, Et bien tu le sauras bientôt!

-Qu’est-ce que ça veux dire?

-Inspecteur Mac Coy, c’est vous qui avez dit: on est malin, jusqu’à ce que l’on trouve plus malin que soit. Et bien, c’est bien moi, qui suis plus malin que vous. La vérité. Regardez dans le trou, autour de vous Inspecteur. Vous n’êtes pas seul en bas. Tenez, je vous envoie ma torche. Attrapez ! Vous y verrez plus clair.

-Oh, mon dieu! Mais qu’est-ce que c’est qu’ça? Ca grossit, c’est horrible!!! Al, fais pas l’con. Au secours, à l’aide, pitié!!! Al, au secours!

-Je ne peux vous dire ce que c’est exactement Inspecteur. Mais c’est d’une efficacité redoutable. Ceci, est dans ma famille depuis de nombreuses générations. Nous l’appelons, la «CHOSE». Elle a toujours été à notre service. Et cela, depuis la nuit des temps. Vous savez Inspecteur, je suis propriétaire d’un restaurant réputé qui marche bien. Je fais d’énormes bénéfices. Et je veux continuer à en faire. La vie est difficile de nos jours et la concurrence est rude. La base de la cuisine de mon restaurant est la viande de cochon. Et cette CHOSE se charge de m’en procurer, à chaque fois que j’en ai besoin et que lui en ordonne. Ainsi, je fais des économies, sur ce plan!!! Pour cela, il suffit de lui livrer un être humain. Et par je ne sais trop par quelle alchimie, elle transforme ce dernier en cochon. Et le tour est joué. Après, je n’ai plus qu’à récupérer le cochon que l’être humain est devenu. Génial, non?

-Oh, mon dieu, Al, pitié, fais quelque chose, je t’en prie, aides-moi. Ne me laisses pas. J’ai mal partout.

-C’est rien. C’est parce-que vous êtes en train de vous transformer en cochon Inspecteur, comme je viens de vous le dire.

-Nooooon, pitié ! Al, noooon !!!!

-Au revoir à plus tard Inspecteur Mac Coy. Bonne transformation.

-NOOOOOOON!!!»

Le lendemain matin. Toujours à l’exploitation.

«-Patron, patron. Le dernier cochon, je l’ai mis dans le parc, avec les autres. Il est un peu patraque. Mais ça va aller.

-Merci, merci Cleveland. Il faut passer à l’abattage, quelques cochons, pour ravitailler le restaurant demain mardi.

-Al, patron, on peut égorger le groupe de cochon que j’appelle le clan du 9ème district. Vous savez, les ex-petits voyous dealers de drogues. Ils sont à point maintenant. Depuis le temps, que je les engraisse à la farine hyperprotéinée!!! Je les ai engraissé comme ça, pendant au moins 9 mois. C’est pas rien, vous savez? Au fait, Al, patron, j’allais oublier de vous dire, que j’ai surpris hier soir, deux jeunes paumés faire les poubelles du resto. Un gars et une fille. Je suis sûr qu’ils feront l’affaire!!!

-Tu ne les as pas trop bousculés dis-moi, Cleveland?

-Ah non, patron. Vous en faites pas pour ça. J’ai tout prévu, comme d’habitude… C’est sûr la CHOSE les appréciera!!!

-Je n’en doute pas, Cleveland, je n’en doute pas.

Au fait, mon ami, le dernier petit cochon s’appelle Mac Coy, accroches-lui un anneau avec son nom gravé dessus, à l’oreille gauche.. Merci»

Cleveland se dirigea vers la porcherie tout en chantant comme il l’a si souvent fait auparavant: «Qui mourra, verrat et le saura, mais pas moi….»

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